Nous sommes très heureux d’inaugurer la nouvelle section « Micro tendu » du site Learning Planet avec la société HAIKARA, éditeur de e-learning et serious-games. Nous avons été reçus par Philippe Raymond et Eric Slama.

Pouvez-vous nous présenter votre société ?

Philippe Raymond : La société Haikara a été créée en novembre 2005. En 2011, notre CA s’élève à 600 k€ et l’entreprise compte 8 collaborateurs permanents.
Eric Slama : Nous avons fondé Haikara avec des convictions fortes que nous n’avons jamais perdues et des idées que nous n’avons pas fini d’explorer : privilégier l’expérience de l’apprenant, utiliser des codes de communications contemporains, intégrer de nouvelles technologies tout en restant compétitifs en terme de prix. Et surtout vouloir être proche du client tout au long de son projet.

Votre société se positionne sur quels types de prestations ou produits ?

E.S : Nous sommes éditeurs de formations e-learning et de Serious Game sur mesure. Notre métier va de la conception pédagogique au développement informatique en passant par le graphisme.
P.R. : Nous développons parallèlement des outils logiciels en mode SaaS : un LMS compatible SCORM à l’interface entièrement personnalisable et un logiciel d’évaluation capable de gérer des questions ouvertes et des activités en Flash.

Avez-vous un secteur d’activité privilégié ?

P.R : Nos clients sont principalement des grands comptes de l’Industrie Pharmaceutique, du secteur Bancaire, du Luxe et de l’Hôtellerie mais aussi quelques PME. Chaque client est unique, et passer d’une problématique métier à une autre est très enrichissant.
E.S : Nos clients font appel à nous, de plus en plus souvent, dans le cadre de projets ayant une forte composante de communication, souvent stratégiques et qui vont au-delà de la Formation.

Votre société se positionne sur le marché de l’édition e-learning, quelles tendances observez-vous actuellement dans ce secteur ?

P.R : Les produits sont plus segmentés qu’avant. Un même client peut avoir des besoins en rapid-learning, en parcours « traditionnels » et en serious-games. Le changement vient pour le client d’une meilleure connaissance du produit qui saura le mieux répondre à ses besoins.

Diriez-vous que le marché a gagné en maturité ?

P.R : Oui, les contraintes technologiques sont aussi mieux maîtrisées, notamment les problématiques d’intégration plate-forme.
E.S : Les commanditaires ne sont plus dans « l’expérimentation ». Sauf exceptions, cette phase est terminée. Je crois que nous sommes dans une phase plus « mature » où nos interlocuteurs savent mieux préciser ce qu’ils veulent et comment ils l’imaginent.

Quels sont, d’après vous, les points forts de votre société sur ce marché assez concurrentiel ?  Comment vous démarquez-vous ?

E.S : Le premier point fort d’Haikara, c’est la proximité qu’elle entretient avec ses clients. Nous sommes partie prenante des projets et non pas de simples producteurs. Nous nous impliquons de plus en plus dans la construction des dispositifs de formation. Nous avons ainsi une approche globale des projets qui nous sont confiés car nous sommes très conscients du fait que c’est aussi l’image de l’entreprise qui est en jeu.
P.R : Un autre point fort c’est la réactivité et la souplesse dans les process de travail. La réussite du projet est un objectif commun, pour cette raison nous permettons à nos clients de réagir sur un produit bien évidemment en cours de conception mais même en production.

Vous avez développé récemment le serious game Diversité pour la société Accor, parlez nous de ce projet.

P.R : Il s’agit en effet d’une formation de type Serious Game, de sensibilisation à la non discrimination et à la diversité. L’apprenant – un manager – est invité à gérer le quotidien d’un hôtel, dans un scénario de jeu reposant sur l’ensemble des situations managériales rencontrées dans l’exercice de son métier. Avec des collaborateurs reflétant la diversité des équipes, il expérimente et comprend les conséquences de ses actes. Il peut adapter son comportement et faire évoluer celui de ses collaborateurs dans le sens d’un respect de la personnalité de chacun.
E.S : Avec l’équipe projet de l’Académie Accor, et le FAFIH, partenaire du projet, il nous paraissait primordial d’éviter le côté « moralisateur » ou « donneur de leçons ». C’est pourquoi nous avons beaucoup travaillé sur les situations et les dialogues.
L’approche graphique, aux personnages réalistes et aux lignes épurées, est quant à elle le fruit d’un choix et d’une contrainte : concentrer l’attention de l’apprenant sur le relationnel entre les personnages, et produire des médias extrêmement légers pour résoudre des questions de faible débit. A noter enfin que le groupe Accor a été sélectionné en 2011 pour les « Trophées de la Diversité » avec la mise en avant de ce projet.

[NDLR : pour plus d’information, reportez-vous au témoignage de Emmanuelle Krebs de l’Académie ACCOR, à lire ici.]

Vous m’avez indiqué lors de la préparation de cette interview que vous travailliez actuellement sur un serious game un peu particulier. Voulez-vous nous en toucher deux mots ?

P.R : Il s’agit d’un projet pour le secteur de la Banque qui doit sensibiliser à la culture du risque. Nous avons choisi de transposer la thématique dans le domaine de la course automobile. Cet univers reproduit bien les différents aspects des risques qui peuvent être pris par un individu ou une équipe dans le but d’atteindre un objectif.
E.S : Notre but est de faire prendre conscience aux apprenants de la réalité des comportements à risques dans leur métier, en les transposant dans un univers où le risque est très présent et facilement identifiable. Dans les deux univers il y  a des règles à respecter et la tentation de parfois les transgresser pour atteindre plus rapidement un but à court terme.
P.R : L’autre particularité de ce projet est qu’il mêle plusieurs médias et technologies différentes : la 3D, la vidéo, des montages photographiques et de l’illustration, du sound design…
E.S : Oui, nous allons « secouer les codes visuels habituels » en quelque sorte ! Nous continuons notre démarche de proposer une expérience utilisateur forte. Si on obtient l’adhésion de l’apprenant, on obtient son attention et sa concentration.

Quels sont, d’après vous, les facteurs clés de succès d’un projet e-learning et serious game ?

E.S : L’implication des équipes est primordiale, tant côté éditeur que côté client. Il faut que chaque membre de l’équipe se sente porteur du projet. Chacun doit y mettre « sa patte » et avoir  plaisir à participer. Car ce plaisir se transmet au projet. Cela se ressent dans le produit final.
P.R : Il faut que nous réussissions à « capter » l’apprenant pour l’impliquer jusqu’au bout de sa formation. Et ainsi atteindre les objectifs pédagogiques définis.
E.S : Il est aussi important de faire des choix pertinents, c’est là que le « sur mesure » prend tout son sens, à tous les niveaux : pédagogie, scénario, image, technologie. Il n’y a pas de solution préfabriquée, il faut être à l’écoute du client et créer de l’inédit.

Parlez-nous de votre solution d’évaluation FormaVisa…

P.R : FormaVisa est un outil très simple d’utilisation, permettant l’évaluation en ligne de populations variées. Il permet la création et la mise en ligne de questions d’évaluation ouvertes ou fermées, voire sous forme d’activités médiatisées proches du e-learning.  Il a été conçu à l’origine pour un laboratoire pharmaceutique pour garantir la certification de la visite médicale.
E.S : Dans ce cadre il a d’ailleurs été audité par l’AFNOR et a été validé avec les félicitations de l’auditeur.

Vous disposez d’un outil particulièrement pratique pour la revue des contenus e-learning développés par vos équipes.  De quoi s’agit-il exactement ?

E.S  : Il s’agit d’un outil intégré à notre plateforme qui permet de procéder très facilement à la revue des medias que nous produisons. Le client peut avec cet outil commenter chaque écran de façon contextuelle et déposer des demandes d’ajustements. Chaque demande est ensuite traitée par le chef de projet chez Haikara. Tout se fait de façon très fluide et l’outil est très ergonomique. C’est un gain de temps considérable pour le client lors des étapes de validation, et une garantie du bon suivi des modifications.

Quels sont vos prochains axes de développement ?

P.R : Nous poursuivons le développement de notre LMS. Nous disposions depuis quelque temps d’une plate-forme SCORM que nous utilisions surtout pour nos tests de contenus.
E.S : Nous avons eu des demandes de clients ou prospects qui recherchaient une plate-forme simple, ergonomique et personnalisable. Dans la continuité de notre démarche sur « l’expérience offerte à l’apprenant » nous avons beaucoup travaillé sur l’ergonomie, le design et les fonctionnalités. Notre objectif est de proposer au marché une plate-forme facile d’accès, simple d’utilisation tant pour l’apprenant que pour l’administrateur. Certains de nos clients sont des réseaux de ventes distribués (comme des parfumeurs par exemple), nous avons donc  développé une plate-forme qui permet d’ouvrir la formation à des personnes externes, via un système d’auto-inscription. Nous avons porté beaucoup de soin au graphisme car, pour cette cible d’apprenants, la formation n’est pas obligatoire : nous devons donc leur offrir une expérience enrichissante et ludique !
P.R : Il faut souligner que cette plate-forme est la seule du marché à permettre la mise en place d’un système d’incentive. Vous pouvez paramétrer la plate-forme pour qu’elle attribue des points en fonction des formations suivies et des notes obtenues. Selon le score obtenu, la personne peut recevoir des récompenses (des cadeaux, des bons d’achat etc.)

Cette plate-forme va-t-elle encore évoluer ?

E.S  :  Oui, nous allons ajouter des fonctionnalités de vente en ligne de formations ainsi que le traitement automatique des demandes de DIF.

Pour terminer, quelles sont vos perspectives d’embauche ?

E.S : Nous venons d’intégrer un nouveau collaborateur et nous avons la volonté de continuer notre croissance. Deux postes devraient ainsi être créés prochainement, rendez-vous sur notre site internet www.haikara.fr pour en savoir plus !

Un grand merci à Philippe Raymond et Eric Slama pour leur accueil !